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Valentin Marcheguay, auteur-photographe-naturaliste et invité d’honneur de la 42e édition du Festival de Ménigoute
Valentin Marcheguay est auteur-photographe-naturaliste. Trois univers qui s’entremêlent et avec lesquels il aime laisser aller son imagination. D’abord par l’écriture, viscéralement, avec un besoin d'extérioriser l’émotion par les mots. Puis par l’image, au début avec les moyens du bord et son téléphone, pour immortaliser ce qui l’émeut. Et puis, par la découverte d’un autre monde - enfin non, très exactement le même dans lequel il évolue, mais avec de nouvelles lunettes naturalistes. La 42e édition du Festival de Ménigoute met fièrement en avant la sensibilité artistique de son invité d’honneur de l’année, Valentin Marcheguay.

VALENTIN MARCHEGUAY © FESTIVAL PHOT’AUBRAC
Soigner autrement
Valentin Marcheguay grandit en France, dans un petit hameau du nord de la Gironde. La forêt, la plaine et la vigne sont des environnements familiers et agréables pour lui, mais n’évoquent pas tout de suite de vocation ni même d’intérêt particulier pour la biodiversité.
« C’était une richesse que j’avais autour de moi, mais j’en ai pris conscience plus tard. C'est quand je me suis éloigné de cet environnement que je me suis rendu compte que ça faisait partie de moi et que ça me manquait. »
C’est en troquant la campagne pour la ville, en se lançant dans de grandes études de médecine à Bordeaux, que la prise de conscience se fait progressivement. Au bout de 8 années sous pression, et une confrontation avec le milieu hospitalier mis à mal par le système, il devient de plus en plus compliqué d’investir son énergie dans ce projet de vie. Revoir ses plans n’est pas un choix facile, d’abord pour soi, mais aussi aux yeux des autres qui peuvent être dans l’incompréhension. Pourtant, c’est on ne peut plus clair : l’endroit où Valentin se sent bien, c’est dehors.
Dans cette remise en question se trouve un refuge qu’il redécouvre. Lorsqu’il étudie encore pendant des heures à l’ombre d’un arbre, c’est là qu’il se sent à sa place. Avec 2 hectares de terrain, dont un étang, un peu de forêt et de prairie, la propriété de ses parents lui offre le luxe d’une échappatoire. Au calme, immobile, il reçoit la visite de voisin·es inattendu·es : le Martin-pêcheur d’Europe, furtif et pressé, le Geai des chênes, gourmand de cerises, et enfin, les fascinants rapaces nocturnes.

CHEF D’ŒUVRE AILÉ, HIBOU DES MARAIS © VALENTIN MARCHEGUAY
De hasard en hasard
Pourquoi ne pas prendre un appareil photo pour essayer de capturer ces moments entouré d’animaux ? Autour de la maison, le jeune photographe s’exerce et de nouvelles espèces se dévoilent à lui. Maintenant des mammifères, des Chevreuils d’Europe, des Renards roux, et la découverte fortuite d’une famille de Martres des pins dans une cavité d’arbre. D’observation en observation, un univers qui semblait jusqu’ici inaccessible se révèle. « Je me suis rendu compte qu'en essayant de se fondre dans l'environnement, en prenant le temps et en étant discret, on s’y intégrait mieux et on pouvait mieux l’observer. »
Le délice, c’est de ne pas savoir ce qu’on va rencontrer demain, pouvoir se laisser porter par le hasard de la rencontre et ne jamais céder à la traque absolue. « Même s’il peut y avoir un travail de quête, les plus belles choses qu'on raconte sont souvent imprévues. Le tout est de ne pas tomber dans une obsession, de la consommation pure, qui pourrait pousser à ne plus être éthique dans sa démarche. »
Au printemps 2021, au retour d’une soirée d’affût consacré aux Chouettes chevêches, des cris percent un bosquet de pins. Des recherches apprennent à Valentin qu’il s’agit probablement de Hiboux moyen duc. Après une énième sortie, il regarde une dernière fois dans son dos avant de partir et aperçoit alors 5 jeunes. À partir de ce moment, il élabore un travail naturaliste autour de l’espèce et passe tout l’été à tenter de mieux la comprendre, découvrant au total 4 nichées.
L’hiver suivant, dans un paysage plus ouvert, c’est la découverte du Hibou des marais cette fois-ci. Les rencontres avec différentes espèces se succèdent et la passion pour les rapaces nocturnes se précise. Après la Chouette d’Athéna, le Hibou moyen duc, le Hibou des marais et la Chouette hulotte, c’est le tour de l’Effraie des clochers. De par ses mœurs nocturnes, cette dernière amène un nouveau défi pour le photographe qui ne souhaite pas utiliser de lumières artificielles.

D’ENTRE LES FOUGÈRES, EFFRAIE DES CLOCHERS © VALENTIN MARCHEGUAY
Opération à cœur ouvert
Avant-même d’y songer lui-même, des personnes soufflent à Valentin l’idée de faire un livre. Il y a son œil, oui, mais les encouragements vont aussi vers sa plume. Déjà sur les réseaux sociaux, ce qui l’anime et le démarque dans ses publications, c’est la vulnérabilité qu’il offre dans ses textes et qui accompagnent ses images. Depuis les rencontres animalières qu’il fait, la poésie lui vient tout naturellement, comme un exutoire. « Écrire suite à mes observations, laisser une trace écrite des choses qui me marquent, c’est une manière de livrer les émotions que je peux ressentir et ça a beaucoup de sens pour moi. »
Le Festival Picture for Nature de Cusset repère le travail de Valentin et l’invite à proposer une exposition en 2022. C’est le début des participations à des salons spécialisés dans le domaine, comme au Festival Photo de Montier-en-Der, au Festival de l’Oiseau et de la Nature d’Abbeville ou au Festival International Nature de Namur.
La transition professionnelle se concrétise symboliquement avec la création d’une micro-entreprise en 2024. Après 5 ans à faire de la photographie animalière, il se lance dans la réalisation de son premier livre, Plumes de mystère. Le sujet des rapaces nocturnes sonne comme une évidence. C’est la synthèse de plusieurs années d’observations et un suivi sur 5 espèces de chouettes et hiboux de sa campagne. Stéphanie et David Allemand, des références sur le sujet pour lui, signent la préface.
« Recevoir la proposition d’être invité d’honneur au Festival de Ménigoute cette année a été une énorme surprise et un plaisir, que j’ai d’abord gardés rien que pour moi. Mine de rien, c'est un petit coup de massue, une immense reconnaissance. Quand on voit qui a été invité·e d'honneur auparavant, l'importance du festival, sa notoriété et son histoire… Il m’a fallu quelques jours pour digérer la bonne nouvelle. » Valentin Marcheguay sera présent toute la semaine du 42e Festival de Ménigoute avec son exposition et assurera une conférence autour de la Chouette effraie et les leviers de conservation qui existent autour de l’espèce.
Recommandation ► Le livre reportage Seconde Chance, Vivre Faune Alfort, de Léa Cirotteau et Jonathan Feraud (2022), met en lumière et rend hommage au travail du centre de sauvegarde de la faune sauvage Vivre Faune Alfort.
Actualité
► Le compte Instagram de Valentin Marcheguay
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