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LE MARAIS GLACÉ, HIBOU DES MARAIS © VALENTIN MARCHEGUAY

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PRIORITÉ AU VIVANT

Les élections municipales françaises ont récemment annoncé leurs verdicts et donnent de nouvelles directions décisives pour le vivant. Ici ou là, des programmes s’organisent déjà - ou pas du tout, autour de la défense de l’environnement. Il est toujours déroutant de ne pas se retrouver sur ce sujet d’intérêt public, qui pourtant nous lie toutes et tous. Des personnes s'acharnent encore à scier, petit à petit ou tout d’un coup, des branches sur lesquelles nous sommes pourtant toutes et tous assis·es. Au Moyen-Orient, des politiques dévastent des territoires entiers, bombardant et déplaçant le peuple et pillant et défigurant toute vie sur leur passage. Si les mots ne sont pas suffisants face au chaos de la guerre, la mobilisation citoyenne reste essentielle pour continuer à s’indigner contre cette loi du plus fort et tenter de protéger ce qu’il reste à protéger.

Un grand défenseur du vivant et pionnier du cinéma animalier engagé, Bruno Vienne, s’en est allé le 19 février 2026. Reconnaissante d’avoir pu faire sa rencontre grâce à la Fondation François Bel dont il faisait partie, l’équipe partage la peine de celles et de ceux qui ont eu la chance de connaître la personne et le cinéaste qu’il était. Passionnément et simplement, il a tout de suite pris son rôle de président du jury à cœur lors de l’édition anniversaire des quarante ans du festival. C’était quelqu'un qui fédérait naturellement, considérant et s’intéressant à chaque personne qu’il croisait, technicien·ne, bénévole ou inconnu·e. Plus que tout autre chose, il valorisait l’authenticité, rassurant avec bienveillance les élèves de l’Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier de Ménigoute (IFFCAM) sur leurs idées, et rappelant l’importance de mettre ses tripes et du sens dans ce que l’on fait, sans céder au conformisme.

photo BRUNO VIENNE AU 40e FESTIVAL DE MÉNIGOUTE © CM PHOTOGRAPHY


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À L'AFFICHE DU SALON D'ART ANIMALIER

Pour cette 42e édition du Festival de Ménigoute, c’est le photographe de 31 ans Valentin Marcheguay qui est invité d’honneur et signe la sublime photographie d’Effraie des clochers de l’affiche officielle. L’événement présente diverses manières d’exprimer sa sensibilité pour le vivant et accueille chaque année un salon d’art animalier. Dans ce cadre, 24 artistes exposeront leurs œuvres dans tout le village, entre sculpture, photographie, dessin, peinture à l’aquarelle, origami, vannerie d’osier…

Découvrez la liste des artistes du salon d’art du 42e Festival de Ménigoute avec Miquel Alari - Sculpture ; Julien Argyriades - Photographie ; Manon Béréhouc - Photographie ; Ludovic Bracquemart - Sculpture ; Joël Brunet & Laurence Terminet - Photographie ; Elsa Bugot - Dessin ; Léa Collober - Photographie ; Meuchtilde - Peinture, Aquarelle ; Pierre Feynie - Photographie ; Naëhl - Peinture, Aquarelle ; Philippe Guilbeau - Sculpture ; Julien Joselon - Sculpture ; Sandra Lefrançois - Dessin ; Soazig Lemur - Peinture, Aquarelle ; Valentin Marcheguay - Photographie ; Antoine Picot - Sculpture ; Nolwenn Pons - Peinture ; Jonathan Rebouillat - Origami ; Jean-Luc Rivault - Sculpture ; Patrick Trécul & Jacky Gouband - Photographie & Vannerie D'osier ; Thierry Vezon & Olivia Tregaut - Photographie & Sculpture.

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RENCONTRE

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Valentin Marcheguay, auteur-photographe-naturaliste et invité d’honneur de la 42e édition du Festival de Ménigoute

Valentin Marcheguay est auteur-photographe-naturaliste. Trois univers qui s’entremêlent et avec lesquels il aime laisser aller son imagination. D’abord par l’écriture, viscéralement, avec un besoin d'extérioriser l’émotion par les mots. Puis par l’image, au début avec les moyens du bord et son téléphone, pour immortaliser ce qui l’émeut. Et puis, par la découverte d’un autre monde - enfin non, très exactement le même dans lequel il évolue, mais avec de nouvelles lunettes naturalistes. La 42e édition du Festival de Ménigoute met fièrement en avant la sensibilité artistique de son invité d’honneur de l’année, Valentin Marcheguay.

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VALENTIN MARCHEGUAY © FESTIVAL PHOT’AUBRAC

Soigner autrement

Valentin Marcheguay grandit en France, dans un petit hameau du nord de la Gironde. La forêt, la plaine et la vigne sont des environnements familiers et agréables pour lui, mais n’évoquent pas tout de suite de vocation ni même d’intérêt particulier pour la biodiversité. « C’était une richesse que j’avais autour de moi, mais j’en ai pris conscience plus tard. C'est quand je me suis éloigné de cet environnement que je me suis rendu compte que ça faisait partie de moi et que ça me manquait. »

C’est en troquant la campagne pour la ville, en se lançant dans de grandes études de médecine à Bordeaux, que la prise de conscience se fait progressivement. Au bout de 8 années sous pression, et une confrontation avec le milieu hospitalier mis à mal par le système, il devient de plus en plus compliqué d’investir son énergie dans ce projet de vie. Revoir ses plans n’est pas un choix facile, d’abord pour soi, mais aussi aux yeux des autres qui peuvent être dans l’incompréhension. Pourtant, c’est on ne peut plus clair : l’endroit où Valentin se sent bien, c’est dehors.

Dans cette remise en question se trouve un refuge qu’il redécouvre. Lorsqu’il étudie encore pendant des heures à l’ombre d’un arbre, c’est là qu’il se sent à sa place. Avec 2 hectares de terrain, dont un étang, un peu de forêt et de prairie, la propriété de ses parents lui offre le luxe d’une échappatoire. Au calme, immobile, il reçoit la visite de voisin·es inattendu·es : le Martin-pêcheur d’Europe, furtif et pressé, le Geai des chênes, gourmand de cerises, et enfin, les fascinants rapaces nocturnes.

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CHEF D’ŒUVRE AILÉ, HIBOU DES MARAIS © VALENTIN MARCHEGUAY

De hasard en hasard

Pourquoi ne pas prendre un appareil photo pour essayer de capturer ces moments entouré d’animaux ? Autour de la maison, le jeune photographe s’exerce et de nouvelles espèces se dévoilent à lui. Maintenant des mammifères, des Chevreuils d’Europe, des Renards roux, et la découverte fortuite d’une famille de Martres des pins dans une cavité d’arbre. D’observation en observation, un univers qui semblait jusqu’ici inaccessible se révèle. « Je me suis rendu compte qu'en essayant de se fondre dans l'environnement, en prenant le temps et en étant discret, on s’y intégrait mieux et on pouvait mieux l’observer. »

Le délice, c’est de ne pas savoir ce qu’on va rencontrer demain, pouvoir se laisser porter par le hasard de la rencontre et ne jamais céder à la traque absolue. « Même s’il peut y avoir un travail de quête, les plus belles choses qu'on raconte sont souvent imprévues. Le tout est de ne pas tomber dans une obsession, de la consommation pure, qui pourrait pousser à ne plus être éthique dans sa démarche. »

Au printemps 2021, au retour d’une soirée d’affût consacré aux Chouettes chevêches, des cris percent un bosquet de pins. Des recherches apprennent à Valentin qu’il s’agit probablement de Hiboux moyen duc. Après une énième sortie, il regarde une dernière fois dans son dos avant de partir et aperçoit alors 5 jeunes. À partir de ce moment, il élabore un travail naturaliste autour de l’espèce et passe tout l’été à tenter de mieux la comprendre, découvrant au total 4 nichées.

L’hiver suivant, dans un paysage plus ouvert, c’est la découverte du Hibou des marais cette fois-ci. Les rencontres avec différentes espèces se succèdent et la passion pour les rapaces nocturnes se précise. Après la Chouette d’Athéna, le Hibou moyen duc, le Hibou des marais et la Chouette hulotte, c’est le tour de l’Effraie des clochers. De par ses mœurs nocturnes, cette dernière amène un nouveau défi pour le photographe qui ne souhaite pas utiliser de lumières artificielles.

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D’ENTRE LES FOUGÈRES, EFFRAIE DES CLOCHERS © VALENTIN MARCHEGUAY

Opération à cœur ouvert

Avant-même d’y songer lui-même, des personnes soufflent à Valentin l’idée de faire un livre. Il y a son œil, oui, mais les encouragements vont aussi vers sa plume. Déjà sur les réseaux sociaux, ce qui l’anime et le démarque dans ses publications, c’est la vulnérabilité qu’il offre dans ses textes et qui accompagnent ses images. Depuis les rencontres animalières qu’il fait, la poésie lui vient tout naturellement, comme un exutoire. « Écrire suite à mes observations, laisser une trace écrite des choses qui me marquent, c’est une manière de livrer les émotions que je peux ressentir et ça a beaucoup de sens pour moi. »

Le Festival Picture for Nature de Cusset repère le travail de Valentin et l’invite à proposer une exposition en 2022. C’est le début des participations à des salons spécialisés dans le domaine, comme au Festival Photo de Montier-en-Der, au Festival de l’Oiseau et de la Nature d’Abbeville ou au Festival International Nature de Namur.

La transition professionnelle se concrétise symboliquement avec la création d’une micro-entreprise en 2024. Après 5 ans à faire de la photographie animalière, il se lance dans la réalisation de son premier livre, Plumes de mystère. Le sujet des rapaces nocturnes sonne comme une évidence. C’est la synthèse de plusieurs années d’observations et un suivi sur 5 espèces de chouettes et hiboux de sa campagne. Stéphanie et David Allemand, des références sur le sujet pour lui, signent la préface.

« Recevoir la proposition d’être invité d’honneur au Festival de Ménigoute cette année a été une énorme surprise et un plaisir, que j’ai d’abord gardés rien que pour moi. Mine de rien, c'est un petit coup de massue, une immense reconnaissance. Quand on voit qui a été invité·e d'honneur auparavant, l'importance du festival, sa notoriété et son histoire… Il m’a fallu quelques jours pour digérer la bonne nouvelle. » Valentin Marcheguay sera présent toute la semaine du 42e Festival de Ménigoute avec son exposition et assurera une conférence autour de la Chouette effraie et les leviers de conservation qui existent autour de l’espèce.

Recommandation ► Le livre reportage Seconde Chance, Vivre Faune Alfort, de Léa Cirotteau et Jonathan Feraud (2022), met en lumière et rend hommage au travail du centre de sauvegarde de la faune sauvage Vivre Faune Alfort.

Actualité ► Le compte Instagram de Valentin Marcheguay


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FESTIVAL PARTENAIRE TERRITOIRES SAUVAGES

En région Nouvelle-Aquitaine, le Festival Territoires Sauvages fait son retour du 3 au 6 avril 2026 avec 4 jours de conférences, d'ateliers, de projections, de balades et de nombreuses activités autour du vivant. L’occasion de découvrir la magnifique Réserve Ornithologique du Teich au printemps, un espace naturel préservé et aménagé pour observer les oiseaux.

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FESTIVAL PARTENAIRE DES OISEAUX DE RIMOUSKI

Un peu plus loin - de l’autre côté de l’océan Atlantique, s’organise une grande fête du vivant au Festival des oiseaux de Rimouski, prévue du 26 au 31 mai cette année. Chaque édition, un film du Festival de Ménigoute y est projeté et ce sera le cas de notre Prix du Jury 2025, Love Birds, de Elliott Kennerson et Angel Morris, ainsi que de The Birds in my backyard, de Ryan Wilkes.

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HORS LES MURS

Les projections Hors les murs continuent, avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée. La société FIFO Distribution, en partenariat avec l’association MAINATE, a diffusé et échangé avec les cinéastes autour du film L’appel des libellules, de Marie Daniel et Fabien Mazzocco le 24 février dernier. Récemment, c’est le film Sauvons le vison d’Europe, de Frédéric Labie et Nicolas Goudeau-Monvois qui a fait l’objet d’une séance le 17 mars.

► RETROUVEZ LE PROGRAMME DE PROJECTIONS HORS LES MURS

photo EXTRAIT DU FILM SAUVONS LE VISON D’EUROPE, FRÉDÉRIC LABIE & NICOLAS GOUDEAU-MONVOIS © FIFO DISTRIBUTION & FRANCE TV


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MARCHE POUR UN PRINTEMPS BRUYANT

La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) appelle à se mobiliser pour un Printemps bruyant - comprenez avec des oiseaux et des insectes, et contre l’impact des pesticides sur la biodiversité et la santé, quelques jours avant la Journée mondiale de la santé et la Semaine pour les alternatives aux pesticides dont elle est partenaire. L’association propose de faire du bruit à 15H pendant cinq minutes le samedi 4 avril 2026, de se filmer ou de se prendre en photo, puis de poster sa participation sur les réseaux sociaux avec la mention #PrintempsBruyant2026. Comme le dit la seconde pétition contre la deuxième version de la Loi Duplomb, qui avait initialement levé plus de 2 millions de contestataires, non c’est non.

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LA BOUTIQUE DE FIFO DISTRIBUTION

Re-découvrez chez FIFO Distribution le livre Rapaces nocturnes d’Europe, de Marco Mastrorilli

« Cet ouvrage offre un panorama complet de tous les rapaces nocturnes d’Europe. Une longue introduction présente plusieurs des principales caractéristiques des Strigiformes, de leur plumage mimétique aux particularités de leurs pelotes de régurgitation, de leur vue extraordinaire à leur ouïe extraordinairement fine, jusqu’à leur mimétisme et camouflage qui joue entre ombre et lumière. »

 



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LE FESTIVAL DE MÉNIGOUTE SUR INTERNET

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Mars 2026 -  Archives des anciennes newsletters
Rédaction : Louise Jacquot  -  Conception : Tabula Rasa

L’association MAINATE organise le Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ORNITHOLOGIQUE DE MÉNIGOUTE
Association MAINATE, 16 bis, rue de Saint Maixent - BP 10 005 - 79340 Ménigoute
Tél. : 05 49 69 90 09 - contact@menigoute-festival.org
https://www.menigoute-festival.org