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Édito - La biodiversité tarifiée

illustration de laurent zagni

Le débat promet d’être épineux. Dans la jolie salle Romane de Ménigoute, Poitou-Charentes Nature animera le 1er novembre une conférence sur la délicate question de la marchandisation de la biodiversité. Kézako ? Si le propos est plus ancien qu’on ne veut bien le dire, il est devenu prégnant ces dernières années avec la parution en 2009 d’un rapport du Centre d’analyse stratégique mené par le biologiste Bernard Chevassus-au-Louis. A priori rédhibitoire pour les naturalistes et autres amoureux des brins d’herbe, ce pensum intitulé « L’économie des écosystèmes et de la biodiversité » peut légitimement faire peur. Pour la faire courte, partons d’un constat simpliste : puisque nous vivons dans un monde dominé par l’argent, donnons un prix à la biodiversité pour mieux la préserver.
Bien entendu, la problématique est plus complexe. Tout d’abord, cette approche exclut d’emblée les espèces remarquables et protégées. On parle ici de biodiversité ordinaire, vivier de matières premières et de services pour nombre de secteurs (pharmacie, agro-alimentaire…). Si une forêt littorale, par exemple, produit peu de bois, elle joue un rôle de protection contre les raz de marée.

Aux Etats-Unis, un aménageur ou une industrie qui détruit la biodiversité peut acheter des crédits de biodiversité auprès des financeurs, qui les obtiennent par des actions de conservation. En France, le principe de compensation écologique est uniquement appliqué pour les territoires protégés. L’argument avancé par les défenseurs de cette approche économique est d'élargir ce principe à tous les territoires. Mais c’est oublier que la destruction d’un écosystème, aussi banal soit-il, occasionne des pertes irréversibles qu’on ne peut compenser. La frontière est donc ténue entre monétarisation (donner une valeur de référence) de la biodiversité et mercantilisation (favoriser la transaction). Les risques de dérive existent donc bel et bien. Et la discussion s’impose aujourd’hui avec toujours autant d’acuité.

flecheConférence “La marchandisation de la biodiversité”. Animée par Poitou-Charentes Nature. Le 1er novembre, de 10 h à 12 h, salle Romane.

Catherine Levesque



Actualités

Mille mares, îlots de biodiversité

Plus de 26 % des mares de Poitou-Charentes ont disparu. Consciente de l’intérêt de cet écosystème pour la biodiversité, l’épuration, la pédagogie…, la Région lance un appel à projets aux habitants, aux entreprises, aux collectivités… L’objectif, créer ou restaurer 1000 mares à l’aide de subventions incitatives. Serge Morin, vice-président du conseil régional, nous en dit plus en images…


3 questions à… Nicolas Brunet, webmaster indépendant chez Tabula Rasa

Image & Nature, Nature en France, Jardin du Val de Flore, Festival de Ménigoute… votre parcours de webmaster semble tourné vers le monde naturaliste. Pouvez-vous nous le résumer ?
Je serais tenté de dire que le hasard des rencontres fait parfois bien les choses ! Mon parcours professionnel est fortement lié à mes convictions personnelles puisque je suis très engagé dans des associations locales qui font par exemple la promotion des bonnes pratiques en matière de gestion des déchets. Quand j’ai fondé ma société de création de sites Web, il y a quelques années, je ne pensais pas avoir la chance de mêler ma passion pour Internet avec mes convictions. Natif de la Gâtine, j’ai conscience que nous sommes des privilégiés et j’apprécie vraiment de pouvoir participer moi aussi par mon travail à l’effort collectif de protection de l’environnement.
Et puis il y a deux choses que je retrouve avec plaisir sur tous ces projets, c’est d’abord la qualité de la matière première avec laquelle je travaille. Concevoir des sites avec d’aussi belles photos et vidéos, c’est à la fois un réel plaisir et un gage de qualité pour mes productions. Et c’est surtout l’assurance de travailler avec des personnes aussi motivées que sympathiques. On ne s’imagine pas la bonne humeur qui règne dans les réunions de Mainate ou encore à la rédaction d’Image & Nature !

• Parlez-nous de la refonte du site du Festival de Ménigoute, de sa newsletter et de son blog mon truc en plume…
Le site a effectivement bénéficié d’une refonte graphique tout récemment, ce qui nous a permis de suivre les dernières tendances visuelles mais aussi d’intégrer les nouvelles fonctionnalités des navigateurs. A terme la mutation pourra être plus profonde en intégrant par exemple pleinement le blog au site, en augmentant l’interactivité avec les réseaux sociaux comme Facebook, et surtout en faisant évoluer la plateforme pour accueillir les internautes mobiles de plus en plus nombreux à surfer sur leurs tablettes et smartphones. C’est aussi l’occasion de mener un travail de fond qui permet d’associer à la communication Web les problématiques de visibilité, d’interactivité ou encore de référencement, un véritable challenge qu’il faut aborder avec méthode.

• Qu’apporte le Web 2.0 à des manifestations comme celles-ci, et plus largement au monde naturaliste ?
Je crois qu’il faut désormais voir la communication Web comme un tout. Etre présent sur Internet par le biais d’un site est évidemment incontournable, mais ça ne suffit plus. Des millions d’internautes utilisent quotidiennement les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou les nombreux blogs qui parsèment la toile. Ce sont autant de gens qu’on peut toucher pour promouvoir nos idées. La moindre info a ainsi des chances de toucher un public qui n’a pas forcément de sensibilité “verte”. L’autre atout des services en ligne, d’un point de vue purement environnemental, c’est de s’affranchir de tonnes de papiers, de la logistique qui va avec, mais aussi des déchets générés. La mise en place de divers formulaires est d’ailleurs à l’ordre du jour pour le site afin de faciliter par exemple les démarches des réalisateurs. Lors du prochain festival, les visiteurs auront la possibilité de déposer leur adresse mail sur différents postes informatiques afin de dématérialiser les courriers qui leur seront adressés. Une façon d’intégrer pleinement le label d’Eco-manifestation cher au festival.

flecheTabula Rasa : www.tabularasa.fr

Catherine Levesque.
Colloque : Eduquer par le film animalier ?

Le premier colloque sur la place du documentaire animalier dans l’éducation aura lieu dans le cadre du Festival de Ménigoute. Rendez-vous le 2 novembre, de 10 h 30 à 12 h, salle Romane.

Quelles méthodes pourraient renforcer l’usage du film documentaire animalier à l’école ? C’est l’une des questions auxquelles le laboratoire du CNRS de Chizé et l’Institut de formation et de recherche en éducation à l’environnement (Ifrée) tenteront de répondre lors de ces rencontres inédites, en partenariat avec l’Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute (Iffcam).
« Des expérimentations menées avec l’IFFCAM, le Centre départemental de pédagogie et l’Inspection académique, nous ont permis de vérifier auprès d’écoles impliquées l’intérêt pédagogique que nous pressentons pour le film animalier, précise Dominique Brouard, fondateur du Festival de Ménigoute et directeur de l’Iffcam. L’accès aux connaissances scientifiques constitue selon moi un enjeu essentiel, la préservation, voire la restauration des espaces et des espèces en dépendent. Même s’il ne remplace pas le terrain, le film constitue un excellent média pour comprendre et interpréter. »
Et de citer le travail des frères Terrasse au sein de feu le Fonds d’intervention pour les rapaces. « Jean-François et Michel Terrasse avaient compris bien avant moi que l’image du réel pouvait mobiliser sur les questions de protection de la nature. Leurs films ont largement participé à la réhabilitation des rapaces et, au-delà, à la compréhension de leur place dans un système fragile. Grâce à leurs documentaires, certains spectateurs sont devenus acteurs. »
Un film peut aussi déclencher une vocation. En 1979, lors d’une formation à l’écologie dans la Dombes, autour des oiseaux, Dominique Brouard se souvient d’avoir vu La Fin d’un mythe, du Canadien Bill Mason. « Dans ce documentaire, il n’était pas question d’oiseaux, mais de loups. On n’évoquait pas davantage la Dombes, puisque tout ça se passait au Canada dans les années 1970. Finalement, peu importe le lieu, peu importe l’espèce, à l’évidence, ce soir-là, un récit et des images du réel ont participé au sens que j’allais donner à mes engagements professionnels et personnels. 

 

Catherine Levesque et Jean-Jacques Fouquet (journaliste au Courrier de l’Ouest)

Brèves

Des crobards pour les moutards

Cécile Rousse, l’illustratrice aux piafs rondouillards de L’Oiseau Mag Junior, sera présente sur le stand du Festival de Ménigoute du 1er au 4 novembre. Les bambins pourront apprendre à y dessiner les oiseaux et à monter des figurines Bricolo’Fun. Un petit cadeau sera offert à chaque participant ! L’Oiseau mag Junior (28 pages), 1 an (4 numéros), 24 €. Abonnement sur www.lpo.fr


“Sauvons la Gela”, le webdoc

Un projet de station de ski dans une vallée vierge des Pyrénées ? Les anciens Iffcamiens ne sont pas restés de glace. A travers l’association Le Gobie, ils ont répondu à l’appel d’un collectif mobilisé contre le projet – Sauvons la Gela – et créé un webdoc. On y trouve des sons, des photos, des dessins… pour découvrir la problématique et les enjeux. www.legobie.fr/gela/

 

Mea culpa

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Damned ! Une erreur a été commise sur le copyright de l’affiche du 28e Festival de Ménigoute. Que les ayants droit des photographies de l’affiche, Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, veuillent bien nous pardonner. Nous présentons toutes nos excuses au talentueux duo brennou, qui sera aussi à l’affiche du Salon d’art animalier du festival à travers l’exposition “Itinéraire d’une goutte d’eau”.


Livres & DVD



Les Vosges, la forêt mystérieuse
Les Alpes, les sommets de l'extrême
La Brenne, le pays aux mille étangs
La Bourgogne, les secrets du bocage
La Bretagne, entre falaise et océan
La Loire, le fleuve libre
Le Littoral Nord, le paradis des oiseaux
La Provence, le règne du soleil
La France Sauvage BLU-Ray
La France Sauvage DVD

Disponibles chez
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