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Édito - Le bonheur était dans la salle

Ce fut un Ménigoute printanier en dépit de quelques ondées. Des feuilles d’automne sublimées par de très belles éclaircies. La douceur de la météo n’a pas empêché les spectateurs de remplir la salle de projection (1 200 places assises, tout de même !), où quelque 37 films – dont 3 hors compétition – furent présentés. Au final, le Lirou d’Or a été remis à un film allemand sur l’Ecosse, le prix Paul Géroudet à un film britannique sur la grue cendrée et le prix de la Protection de la nature à un film français sur les tortues. Le prix CPN revient à un film sur la forêt vosgienne, le prix Paysages récompense un film sur la Hongrie et le prix du Parc du Marais poitevin couronne un documentaire anglais sur les marais d’Irak. Quant au Prix du Jury, il sacre le film ovationné de l’Iffcamien Fabien Mazzocco, Juste après la ville, tandis que le prix Jeunes Regards des Iffcamiens va au format atypique de Laurent Joffrion (voir l’article ci-dessous).
« Moi qui suis rarement en phase avec les appréciations du jury, je dois dire que je trouve le palmarès de cette année assez conforme à ce que j'imaginais », estime Dominique Brouard, fondateur du festival. « J'aurais toutefois deux regrets. J'ai personnellement beaucoup aimé le film suisse de Thomas Wüthrich, Le bonheur était dans le pré, qui montre à quel point le destin d’un petit oiseau, le tarier des prés, croise celui des agriculteurs… Cette histoire ressemble à celle des busards cendrés, des outardes et bien d'autres espèces à propos desquelles il ne faut surtout pas lever le pied. Mon second regret porte évidemment sur le film de Laurent Charbonnier : Le Flamant rose. Laurent nous a raconté une histoire avec un message plein d'espoir et avec des images somptueuses, comme à l'accoutumé. Les échos que j’ai recueillis à l'issue des projections et de la proclamation des prix en attestent : ces deux films ont été très appréciés par le public et ils illustrent parfaitement le sens du Festival de Ménigoute. » Dont acte.


Catherine Levesque



Actualités

Extraits des films primés

De l'Ecosse à la Hongrie en passant par l'Irak et la Norvège… Non, ce n'est pas une publicité pour une agence de voyages. Mais quelques-unes des destinations proposées par les films lauréats du dernier festival ! On peut aussi y trouver son bonheur en ville ou dans le pré. Petit aperçu au travers d'extraits choisis.

Jo Shinner (BBC) : « C’est étonnant, un festival qui dure en pleine campagne ! »

photosAvec 25 ans de carrière dans le milieu de la télévision – dont des collaborations pour National Geographic et Discovery –, Jo Shinner est réalisatrice à la BBC (Unité Histoire Naturelle) depuis un an. Elle nous raconte son expérience de membre du jury au dernier Festival de Ménigoute.

• Comment avez-vous vécu votre mission au jury du 27e Festival de Ménigoute ?
J’ai été impressionnée de voir un festival aussi ancien en pleine campagne, avec des visiteurs qui viennent de loin ! Je m’attendais à un festival spécifiquement ornithologique, donc j’ai été surprise de voir que beaucoup de films concernaient d’autres animaux. Mais c’est aussi la diversité qui fait l’attrait de ce festival. Parmi les neuf membres du jury, la majorité était composée de biologistes. J’étais la seule à travailler pour la télévision. Ce fut l’occasion de rencontrer des gens que je ne fréquente jamais et de confronter nos points de vue. En sortant d’une projection, là où je m’interrogeais sur la narration, j’entendais un collègue se poser des questions sur la pertinence d’un chant de rossignol. C’était plutôt rigolo ! L’ambiance était très bonne et les gens très accueillants.

• Certains films primés ont-ils davantage retenu votre attention ?
J’ai été particulièrement intéressée par Miracle in the marshes of Iraq (Prix du Parc interrégional du Marais poitevin), parce que j’aime quand l’histoire mélange la politique, les hommes, les animaux… C’est une démarche engagée. Le documentaire sur la grue cendrée, Born to fly (Prix Paul Géroudet), est bien filmé. J’ai aimé la narration et le fait que, là encore, on parle de l’espèce, mais aussi de ce qui se passe autour.
Enfin, j’ai été ravie que le jury Jeunes Regards attribue le prix à Nordic Variations – Mission Dovrefjell. Nous avons tous beaucoup apprécié ce film, mais son format atypique (20 minutes, ndlr) nous le rendait difficile à classer.

• La BBC est une maison prestigieuse aux yeux de nombreux réalisateurs de documentaires. En avez-vous conscience ?
C’est une vieille maison, moins argentée qu’avant, mais qui conserve des budgets conséquents pour le documentaire nature. Des centaines de gens travaillent dans l’unité « Natural History » et généralement, quand on y entre, on y reste !

Propos recueillis par Catherine Levesque.

Laurent Joffrion, lauréat du prix « Jeunes Regards »


Leur rencontre ne date pas d’hier. En 2007, Laurent Joffrion signait déjà les textes de l’ouvrage Clair de brume (éditions Hesse, 43 €), un recueil de photographies sur les Vosges réalisées par les Munier, père & fils.
Côté documentaire, ce cinéaste formé en Australie a filmé les Basses vallées angevines (De l’eau dans les vallées, 2005) et l’outarde canepetière (Le Chant des plaines, 2007). « Je me suis rendu compte que les visions optimistes de la protection de la nature m’intéressaient beaucoup », nous confiait Laurent Joffrion lors du dernier festival.
C’était avant que son film sur Vincent Munier, Nordic Variation, ne soit primé par le jury Jeunes Regards, composé d’étudiants et d’anciens de l’IFFCAM, en l’occurrence Sacha Bollet, Jacques Blot, Romain Saudubois, Lucas Allain et Romain Guénard. Ils ont aimé le format court (20 minutes), peu bavard et sans voix-off. Dans les paysages enneigés du parc national de Forollhogna, en Norvège, on observe Vincent Munier qui observe les bœufs musqués. Impatient que la tempête arrive afin que les photos soient… meilleures, il nous confie ses impressions. Où l’on apprend que le confort et les conditions idéales constituent des notions très subjectives pour ce photographe de l’extrême !
Ce film simple et fort a été réalisé dans le cadre du projet Wild Wonders of Europe. « Nous sommes partis seuls avec du matériel en février 2009, pendant trois semaines, et j’ai filmé au jour le jour la relation de Vincent à la nature, sa passion pour l’immersion, plus que pour l’animal en lui-même, et son respect pour la vie sauvage », raconte le réalisateur. La photo est un moyen de partager ces moments-là, mais ce qui lui importe avant tout, c’est de les vivre. La solitude fait partie de sa façon de faire. On considère souvent l’aspect poétique de ses images, moins l’aspect athlétique, pourtant bien réel ! » Ce travail a plu à un producteur pour un éventuel 52 minutes…
Collaborateur du Bioparc de Doué-la-Fontaine, Laurent Joffrion se consacre aussi à une petite activité de production pour parler d’un projet de reforestation à Ibi Village (Congo) ou de la réserve communautaire de Chaparri (Pérou). « Très loin ou tout près, j’aime les initiatives locales qui répondent à un besoin ».
DVD disponible chez Fifo Distribution.

Catherine Levesque

Brèves

Mon truc en plume n’hiberne pas

Pas de Piaf en coulisse. Un cabaret aux allures d’affût forestier. Et des plumes bien décevantes pour qui s’attendait à y voir du french cancan ! « Mon truc en plume », n’en déplaise à (bruant) Zizi Jeanmaire, après avoir été le fanzine du Festival de Ménigoute, est devenu son blog. Vous y retrouverez les grands (et petits) moments de cette dernière édition, des clins d’œil, des galeries photos et (quelques) informations sérieuses ! Les commentaires sont les bienvenus pour prolonger ces instants volés.
Mon truc en plume

La Brenne vue par deux zoizos…

Voilà sept ans que nos amis Jean- François Hellio et Nicolas Van Ingen, photographes naturalistes, nous privent d’images de la Brenne. Pour leur retour, ils ont pris de la hauteur. Coiffés d’une aile volante, ils ont plané au-dessus du « Pays au mille étangs » deux années durant. Sous la plume de Thierry Chareyre, animateur à Radio France, il en ressort un livre superbe d’une centaine de photos, émaillé de témoignages locaux d’une rare vérité. Il est possible de se le procurer par souscription (15 € au lieu de 20 €) en allant sur le site : http://souscription.hellio-vaningen.fr

La Brenne saisie au vol, sortie le 16 novembre en librairie (format 20 x 27, 128 pages, couverture souple)

Livres & DVD

Une idée pour les cadeaux de fin d'année !

Wild Wonders Of Europe, Nordic Variations
Des Gypaètes et des Hommes
Amana, entre terre et mer
Les dents de la mare
L'ours, une histoire d'homme


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