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Édito - Un festival de palmes

J'aime la route sinueuse qui mène à Ménigoute, bordée de hautes haies roussies par l'automne. Pour les commerçants, c'est du travail en plus et du sommeil en moins. « Comme le Festival de Cannes, mais pour les animaux », a dit l'aubergiste. Passé les ruines gallo-romaines de Sanxay et les petits ponts de pierre, le bourg n'est plus très loin. Le château d'eau en ligne de mire le confirme bientôt.

Pour paraphraser le titre d'un film atypique, ovationné cette année par le public, Ménigoute, c'est aussi le « vertige des rencontres ». Tous ces gens qu'on n'a pas vus depuis un an. Arrivera-t-on à accéder au stand suivant sans qu'on nous emboîte le pas ? A ne pas rater les films repérés par une croix dans le programme ? Y a-t-il de nouvelles caricatures sur le mur du Café de France ? Toujours du bon chinon dans les carafes de l'Auberge, où le jury gamberge derrière la porte vitrée ? « Le ferment de Ménigoute, c'est la convivialité », a-t-on entendu pendant la soirée de clôture, présidée par Philippe Barbeau, seul opérateur son à ce jour à avoir reçu un César pour un film animalier.

« Ce n'est pas une mince affaire que de se retrouver président du jury », a déclaré ce fidèle collaborateur de Laurent Charbonnier et Jacques Perrin, saluant le « bon travail » de ses acolytes, venus d'horizons très différents. « Chaque film est une histoire en soi, parfois difficile à accoucher. »

Et de belles histoires, il y en a eu. Pas toutes récompensées, certes, mais toutes abouties, ce qui n'est déjà pas rien. Les courts-métrages des étudiants de l'Iffcam, eux aussi, ont rencontré un public conquis par la fraîcheur de leur festival off. Lesquels étudiants, en décernant le nouveau Prix Jeunes Regards*, ont insisté sur la nécessité de « bousculer le conventionnel, d'avoir de l'audace ». Dont acte.

Catherine Levesque

* Anciennement appelé Prix Crédit Agricole, il récompense l'originalité et l'écriture non formatée du film.

Actualités

Trappeurs d'images

J'ai un attachement particulier pour le kakapo, ce perroquet dodu et aptère héros du film récompensé par le nouveau Prix Paul Géroudet. Il y a douze ans, il en restait 48 quand je suis allée à sa rencontre sur Maud Island, en Nouvelle-Zélande. Mon émotion fut intacte quand j'ai revu Sinbad à l'écran, qui était alors un (gros) jeune kakapo de l'année.
Il avait déjà un parcours semé d'embûches, comme la plupart de ses congénères, et je me suis demandé comment le public et le jury appréhenderaient ce long documentaire de 77 minutes, qui retrace l'incroyable programme de conservation mis en place pour sauvegarder l'espèce. Une histoire peu naturelle comme l'évoque le titre original*, captivante et encourageante (les kakapos sont aujourd'hui 122).

Du bush néo-zélandais au froid alpin, il n'y a qu'un pas. Celui de la caméra. Doudounes et Moonboots de rigueur pour la projection du très beau film d'Anne et Erik Lapied, Voyage au bout de l'hiver, qui a décroché le Lirou d'Or sous une avalanche... d'applaudissements ! Plus proche de la quête que du documentaire animalier, ce film est extrêmement touchant. On frissonne, au propre comme au figuré, devant tant de flocons, tant de blanc. On savoure les silences, le craquement des pas dans la neige, le feu qui crépite, le bruit mat des cornes de bouquetins qui s'entrechoquent sur les cimes. L'attente de jours meilleurs, enfin.
Diffusion du grand prix 2010 du Festival de Ménigoute à l'Espace Mendès France à Poitiers le dimanche 28 Novembre !
Catherine Levesque
* The Unnatural History of The Kakapo, Scott Mouat, Elwin productions, 77 min, Nouvelle Zélande
La « pangée du cinéma animalier »

Depuis 26 ans, le festival de Ménigoute rassemble tous les continents autour d'images d'oiseaux et de nature. Comme au temps où toutes les terres étaient soudées les unes aux autres, Ménigoute nous fait vivre d'intenses moments de "pangée du cinéma animalier".
A ce bonheur renouvelé, nous pouvons ajouter cette année le faire-part d'une naissance importante pour la sauvegarde de la biodiversité ultramarine. En effet, le LIFE+ Cap Dom est officiellement né le 28 octobre dernier au cœur du festival. CAP pour Conservation de l'Avifaune Prioritaire, la grande nouveauté étant dans ces trois lettres – DOM – que vous connaissez tous. En effet, jusqu'alors, les départements d'Outre-Mer n'étaient pas éligibles aux programmes européens LIFE+. Celui-ci regroupe, sous la coordination de la LPO, et plus précisément d'Alison Duncan et de Julie Riegel, des programmes de protection d'espèces d'oiseaux menacées menés par les associations de Martinique (AOMA), de Guyane (GEPOG) et de la Réunion (SEOR).

Pas d'étoile, ce soir-là, pour guider tous les parrains et marraines présents autour du berceau : le punch et un buffet guyanais grandiose ont suffit pour le baptême ! On les voyait bien piaffer d'impatience, le nez titillé par des effluves ensoleillés. Poliment, ils ont attendu la fin de la cérémonie inaugurale avant de se jeter sur les accras, les saucisses créoles et autres merveilles préparées grâce à l'aide financière du Comité du tourisme guyanais.

Philippe de Grissac, vice-président de la LPO, a présenté le LIFE+ avant de céder la parole à Nils de Pracontal, directeur du GEPOG, porte-parole du héron agami, du coq de roche orange et de la savane sèche. Harry, de l'AOMA, a ensuite présenté le programme informatique très sophistiqué mis en place au secours du moqueur à tête blanche. Enfin, Marc Salamolard, du parc national de la Réunion, et Yannick Giloux, directeur de la SEOR, sont venus à la rescousse du tuit tuit (27 couples !) et du busard de Maillard.
Souhaitons que la famille LIFE+ Dom s'agrandisse au plus vite car les besoins sont énormes dans ces territoires qui hébergent 23 espèces d'oiseaux au statut de conservation défavorable à l'échelle planétaire.
Philippe de Grissac (vice-président de la LPO)
2es Rencontres culturelles du cinéma animalier

Organisées pour la seconde année par EDF, les Rencontres culturelles du cinéma animalier ont été l'occasion de découvrir les images du making off d'Océans, le dernier film de Jacques Perrin, et d'échanger avec Stéphane Durand, co-auteur du long métrage.

Dans la nouvelle salle de projection du festival, fraîchement inaugurée, une centaine de personnes a participé à la soirée animée par Jean-Jacques Fresko, redacteur en chef de Terre sauvage. Parmi les invités d'honneur, Yvette Mallet, Martine Todisco, Laurent Charbonnier, Philippe Garguil et Jacques Perrin, par téléphone interposé. « C'est une grande opportunité pour nous de rencontrer des professionnels », témoigne Pascal Gaubert, étudiant en deuxième année à l'IFFCAM. « Nous avons pu notamment parler de notre projet de film de fin d'étude, qui portera sur l'ours à lunettes, en Equateur. » L'engagement d'EDF s'est d'ailleurs traduit par la remise d'un chèque aux étudiants pour la réalisation de ce documentaire.

Pour la première fois, les étudiants de l'IFFCAM ont remis leur propre prix lors de la soirée de clôture. Le premier prix a été décerné au film turc, Bear Vs Man, the endless conflict. « Outre l'humour des gens filmés, nous avons apprécié la prise de risques sur un sujet traité pas mal de fois, explique Basile Gerbaud, étudiant en deuxième année, ainsi que les mêmes plans tournés tantôt de jour, tantôt de nuit. En revanche, nous regrettons que le film de Jean-Michel Bertrand n'ait pas été primé... »
Catherine Levesque

Brèves

Le 26e festival en chiffres

  • 30 000 visiteurs
  • 36 films en provenance de 14 pays
  • 17 réalisateurs présents
  • 29 artistes animalier peintres, sculpteurs et photographes
  • 28 associations de protection de la nature
  • 16 animations nature
  • 12 conférences sur la protection de la nature
  • 7 sorties nature
  • 5 entreprises liées à l'environnement
  • 5 spécialistes de l'optique
  • 4 libraires
  • Sur vos tablettes

    Le prochain festival aura lieu du 27 octobre au 1er novembre 2011. Il est temps d'investir dans un nouvel agenda...

    En attendant, vous pouvez accéder au bilan du 26e festival.
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