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Édito - Une victoire totale

illustration de laurent zagni

Assise sur mon séant, je regarde Océans sur le petit écran. Un film animalier en prime time, ça n’est pas si souvent, malheureusement. On le sait déjà, le spectacle est saisissant. Le long métrage de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud transcende les genres, tantôt documentaire, film d’aventure aux scènes haletantes, film de guerre (ah, l’armée des araignées !), de science fiction, dessin animé ou comédie musicale… Des chorégraphies sous-marines à faire pâlir Pietra Gala, des combats fracassants qui dérouteraient les plus habiles catcheurs. Des créatures inquiétantes dont on ignorait jusqu’à l’existence, des poissons gracieux, des baleines placides, des lièvres de mer aux allures de textile…
Hasard heureux du calendrier, nous sommes le 25 septembre et la Cour de cassation a confirmé la responsabilité civile et pénale de Total dans la marée noire de l’Erika. Il a fallu 13 ans. Le chiffre, cette fois, a porté bonheur. « Jamais la volonté de protéger les espèces n’a été aussi grande », déclare Jacques Perrin dans Océans, contre vents et marées. De fait, un préjudice écologique a été reconnu et l’affaire fera date.
Il est bon de savourer les victoires. À un mois du Festival de Ménigoute, il est bon de se réjouir, de s’enthousiasmer à l’idée de voir de belles choses… et de les faire avancer. « On peut parler de choses sérieuses sans se faire mal », ironise Dominique Brouard, fondateur du festival, qu’on retrouvera sur France Inter, le dimanche 28 octobre, dans l’émission Vivre avec les bêtes. Entre autres nouveautés – une nouvelle formule pour “Le Coin des branchés”, un colloque pérenne sur “La place du documentaire animalier dans l’éducation”… –, le festival s’enrichira cette année d’une Web TV 100 % biodiversité ! Les films restant bien sûr au premier plan, nous vous offrons dans cette infolettre un avant-goût de la programmation. Une mise en bouche alléchante pour un festival plein d’énergie, qui se croque à pleines dents.

Catherine Levesque



Actualités

Un appareil photo en guise d'épuisette

Ils sont modestes et cachent leur talent derrière un objectif. Les photographes naturalistes des Deux-Sèvres exposent lors du prochain Festival de Ménigoute. Trois d’entre eux dévoilent leur passion sur le terrain. A quatre pattes ou dans les fourrés !


3 questions à…Basile Gerbaud, coréalisateur du documentaire Lesna Kraina

Programmé en ouverture du prochain festival, hors compétition, le film de la sixième promotion de l’Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute a pour sujet la forêt primaire de Bialowieza, en Pologne. Genèse et coulisses d’un tournage collégial.

• Comment est né ce projet transfrontalier ?
Une coopération s’est développée naturellement entre le conseil général des Deux-Sèvres et la Pologne, en lien avec la réserve biologique intégrale de la forêt de Chizé et la forêt primaire de Bialowieza. Il existe même une représentation française officielle à Biala Podlasca. Lors d’une visite de l’Iffcam, le directeur du parc national de Bialowieza nous a ouvert grand les portes du parc si nous souhaitions y faire un film. Notre promo rassemblait des fonds depuis quelque temps pour mener à bien ce type de projet. Nous y sommes donc partis en repérage en septembre 2011 avec l’idée de faire un documentaire autour du bison d’Europe, emblématique du lieu. En creusant une fois sur place, l’angle a évolué vers un moyen métrage sur les rapports que les habitants entretiennent localement avec leur forêt.

• Comment avez-vous traité ce sujet ?
Nous sommes arrivés avec la vision naïve d’une forêt primaire protégée un peu idyllique, sans imaginer à quel point les choses, sur place, ne sont pas aussi simples. La situation est même un peu tendue entre l’Etat, qui préserve à juste titre la dernière forêt primaire d’Europe, et les habitants, qui se chauffent au charbon parce que les prélèvements de bois sont interdits ou très réglementés, selon les zones. Ce n’est ni logique, ni écologique, et ce sont ces contradictions que nous avons voulu montrer dans le film, qui dure au final 63 minutes.

• Comment réalise-t-on un film… à huit ?!
Nous aurions pu nous répartir les tâches comme l’avait fait une promo précédente, mais nous tenions à un travail collégial. Cela exige une excellente cohésion. Nous avons constitué des groupes chargés de tel animal ou tel personnage et nous faisions un point chaque soir sur l’évolution des séquences, toujours dans un souci de cohérence et d’homogénéité. Le foisonnement de visions, finalement contraint au compromis, donne au final un résultat intéressant et l’on ressent dans le film ce travail d’équipe. Le neuvième coréalisateur est venu en renfort pour la conception du making-of, qui sera intégré au DVD. Nous tenions aussi à montrer les dessous de notre organisation… et de notre désorganisation !

flecheLe DVD de Lesna Kraina pourra être commandé en souscription lors du festival.

Catherine Levesque.
Films en compétition : Une légende vivante

C’est une légende dans les deux sens du terme. Une icône du cinéma animalier, David Attenborough, nous raconte une sorte de fable, une épopée. En 1960, le Britannique avait visité Madagascar pour filmer l’une de ses toutes premières séries animalières, Zoo Quest. Il y avait alors fait l’acquisition d’un œuf gigantesque supposé appartenir à un oiseau aujourd’hui disparu : l’oiseau éléphant, le plus grand oiseau qui ait jamais existé. Dans Attenborough and the giant egg, qui sonne comme une quête, il revient sur ses pas. Projeté à Ménigoute durant la soirée du 1er novembre, ce film cohabitera avec des productions plus modestes. Matériellement s’entend. « C’est ce qui fait l’ADN de Ménigoute : laisser place à des productions artisanales face à des “blockbusters” du documentaire animalier », défend Dominique Brouard, fondateur du festival, convaincu que les festivaliers apprécient cette dimension « peu standardisée ».
Sur les 35 films présentés cette année, Dominique Brouard cite par exemple « une immersion de deux ans réalisée avec trois bouts de ficelle dans la jungle du Nouveau monde, une petite caméra au poing » (Selva, La Forêt sous les tropiques) ou encore feux films coréalisés par des anciens élèves de l’Iffcam : l’un sur la vie d’une crête de roche baignée de soleil, en vallée du Rhône, l’autre sur la dune atlantique, entre errance naturaliste et témoignage humain (Les Dernières Steppes).
Encore mieux représentés cette année, les films étrangers aborderont des thématiques aussi variées que les étapes migratoires des oiseaux (L’Europe à vol d’oiseau, avec des images aériennes époustouflantes), les loups d’Espagne, les colibris, la vie sous la surface des eaux de l’Okavango, le castor, la nature polonaise, l’huîtrier pie ou le jaguar…

En ouverture et en fermeture du festival, deux films hors compétition : le film du centenaire de LPO réalisé par Allain Bougrain Dubourg et le Chambord sauvage de Laurent Charbonnier. Deux réalisateurs aguerris. Deux habitués des lieux.

 

 

Catherine Levesque

Brèves

Un blaireau à la une !

Des rapaces en portfolio (ceux de Gérard Schmidt), le blaireau en guide pratique, un itinéraire photo dans les landes de Versigny (Aisne) et un dossier pour apprendre à filmer avec son reflex. Le numéro 55 d’Image & Nature est prometteur et propose également un atelier sur le reflet et la symétrie dans le paysage, un reportage sur les hérons de France et habituels tests de matériel sur le terrain. A partir du 5 octobre en kiosque, 5,50 €. Abonnement : 35 € les 10 numéros.

Les photographes deux-sévriens s'exposent

Les Deux-Sèvres comptent de plus en plus de photographes naturalistes amateurs. Le conseil général a décidé d’en valoriser 24 à travers une exposition d’une centaine d’images qui sera présentée à l’Iffcam, à Coutières, du 12 au 29 octobre (du mercredi au dimanche, de 14 h à 17 h), puis tous les jours pendant le festival, du 30 octobre au 4 novembre (de 10 h à 19 h). L’inauguration aura lieu le 12 octobre, à 17 h 30, puis l’exposition, non dénuée d’humour, voyagera sur différents sites du département. Rens. : 05 49 69 89 10

Livres & DVD

Le guide des champignons - France et Europe
Reconnaître les champignons, les plantes et baies sauvages
Guide des champignons de France et d'Europe
Le guide des champignons - En 900 photos et fiches
Confitures, compotes et fruits au sirop
L'armoire aux conserves - Du bocal au congélateur

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