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Édito - Ménigoute : un avant-goût du millésime 2010 !

Entre mai et août, alors que les plagistes profitaient benoîtement des plaisirs de la mer, Dominique Brouard, fondateur du Festival de Ménigoute, a visionné avec abnégation une centaine d’heures de documentaires. Soit 92 films pour une sélection finale de 36 documentaires. « Deux d’entre eux ne sont pas en compétition. L’un parce qu’il implique des étudiants de l’Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute, l’autre parce qu’il implique le président du jury », explique Dominique Brouard.

« Si l’ornithologie était dans les années 1980 le thème dominant des documentaires animaliers, l’évolution des techniques et le passage au numérique font que les oiseaux ne sont plus les acteurs dominants », constate-t-il. Ils sont néanmoins bien représentés cette année, qui salue la naissance du prix Paul Géroudet. Créé et offert par la Société romande pour l’étude et la protection des oiseaux, il récompensera le meilleur film ornitho.

Treize pays seront représentés pour le cru 2010, en particulier l’Allemagne et l’Espagne. Les films français constituent un tiers de la sélection. « On sent très fortement le désengagement des chaînes publiques françaises », déplore Dominique Brouard, qui note en revanche la présence inédite de quatre longs métrages.

Catherine Levesque
Ménigoute en chiffres
  • Entre 90 et 120 films reçus chaque année.
  • 1 007 films en compétition depuis le début.
  • 36% de films français en moyenne sur 25 ans.
  • 30 000 entrées par festival en moyenne depuis une dizaine d’années

Actualités

Dans les coulisses du festival...

A Ménigoute, Marie-Dominique Couturier fait partie des meubles. Simple spectatrice à la première édition, elle a tout de suite proposé ses services pour traduire les films anglais. En 1993, quand l’association Mainate est créée, elle est la première secrétaire engagée à plein temps. « J’ai d’emblée travaillé avec les réalisateurs », se rappelle-t-elle, évoquant en riant les débuts artisanaux du doublage, qui s’effectuait… en direct ! « J’ai un souvenir impérissable sur deux films finlandais où j’ai dû lire la traduction en français sans time code, avec dans les oreilles un son finnois incompréhensible. Il a fallu qu’une Finlandaise vienne à la rescousse en cabine de projection pour qu’on s’en sorte ! »

A partir des années 1990, la technique a évolué : « Nous avons d’abord enregistré les doublages dans un studio de fortune, puis à la Maison de la culture de pays, à Parthenay, raconte la responsable des relations internationales. Depuis trois ans, ça se passe à l’Iffcam. »

Constitué grâce au bouche à oreille, le réseau de traducteurs bénévoles compte une douzaine de personnes, pour beaucoup des enseignants, sollicités de mi-juin à fin août. Quatre langues sont utilisées : l’anglais, l’espagnol, l’italien et l’allemand. « Cette année, nous avons un film islandais, un film coréen, un hongrois et un turc, mais nous les recevons heureusement en version anglaise ! »

Michel Fouquet, membre du jury et du Groupe ornithologique des Deux-Sèvres, se charge d’une vérification méticuleuse pour l’aspect scientifique. Selon Marie-Dominique, il faut compter une vingtaine d’heures par film pour une bonne traduction. A quand un festival en espéranto !
Catherine Levesque


Les doublages en bonne voix

Les voix de Ménigoute sont dans les starting-blocks. Bonbons au miel de rigueur ! Pas question d’être enroué. A partir du 27 septembre, c’est parti pour le doublage des films étrangers. Un marathon de quinze jours coordonné par Aude Moreau-Gobard, autour d’un ingénieur du son, Laurent Fournier. « Les doubleurs ont le texte devant les yeux et le son en VO dans les oreilles, de manière à caler le doublage exactement », explique Aude, qui contrôle pour sa part les lapsus et les savonnages !

L’opération se déroule à l’Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute, en présence de trois étudiants délégués respectivement au son, au confort du comédien et à l’écoute. « Nous sollicitons une dizaine de voix : des habitués, des étudiants et un ou deux professionnels, tous bénévoles », poursuit Aude. Si la technologie numérique facilite grandement la tâche, la vigilance s’impose. « Il y a plusieurs pistes sur les cassettes, mais il ne faut pas se tromper. Il nous est arrivé d’effacer cinq minutes d’images. Heureusement, grâce aux sauvegardes, nous avons pu rattraper le coup ! », se souvient Aude. Quant aux ratages, ils sont rattrapables, mais il ne faut pas en abuser au risque d’user la bande.

Quand un documentaire comporte des dialogues, une journée entière peut s’avérer nécessaire. Les as du doublage, comme Christian Proust, rompu dès le début du festival aux doublages en direct, doublent sans souci un 52 minutes en une heure.
Catherine Levesque
Exposition Paul Géroudet hommage à un pionnier

Méconnu du grand public, Paul Géroudet est pourtant sans conteste le plus grand ornithologue du monde francophone. Décédé en 2006, ce grand naturaliste fut tour à tour homme de terrain, militant, rédacteur en chef de Nos oiseaux… Passionné par les passereaux, il a suscité bien des vocations à travers ses nombreux ouvrages*, où il fut le premier à traduire en français les chants par onomatopées et syllabes.

Du 16 octobre au 1er novembre, un bel hommage lui sera rendu au travers d’une exposition ludique et interactive, présentée à l’IFFCAM.
Une occasion de redécouvrir également les grands peintres et dessinateurs qui ont accompagné son œuvre : Robert Hainard, Léo-Paul Robert, Paul Baruel, Manfred Reichel...

Au fil d’un parcours chronologique, la scénographie, ponctuée d’instants ludiques, présentera des objets personnels, des correspondances, des ouvrages, des vidéos, des témoignages, avec une attention particulière pour le jeune public.

* Editions Delachaux et Niestlé.

Exposition, Paul Géroudet, Les oiseaux autrement

Du 16 au 25 octobre 2010
Du mercredi au dimanche de 10h00 à
12h00 et de 14h00 à 17h00

Du 27 octobre au 1er novembre 2010
Tous les jours de 10h00 à 19h00

Entrée libre
Catherine Levesque

Brèves

Paysage sonore

Fidèles collaborateurs de Laurent Charbonnier et de Jacques Perrin, Martine Todisco et Philippe Barbeau (président du jury de cette édition) animeront le jeudi 28 octobre une conférence sur « La prise de son animalière » à la salle omnisports.

Exposition Paul Géroudet

Des rayonnages de classeurs, de carnets, d’albums photo : plus de 65 années de notes, de croquis, d’études, sur les oiseaux. Les archives de Paul Géroudet sont exceptionnelles, tout comme l'accueil par le Muséum de Genève, par Wendy et Denis Landenbergue et par Pierre Hainard. L’expo du Festival 2010 essayera de vous en donner un aperçu...
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