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LE JURY DU 33e FESTIVAL DE MÉNIGOUTE

 

 

@Louis Albesa

Ornithologue de terrain Guilhem Lesaffre , président du jury du 33e Festival de Ménigoute

 

Ornithologue de terrain depuis 45 ans, Guilhem Lesaffre présidera le jury du prochain Festival de Ménigoute. À l'occasion de la sortie de son ouvrage le plus personnel, "Les oiseaux ont (beaucoup) de caractère", paru chez Rustica, retour sur le parcours de cet auteur militant, également vice-président du Corif et administrateur de la LPO.

• Vous figurez parmi les ornithologues les plus médiatiques : comment expliquez-vous cela ?
Ce sont mes livres, Le Grand Envol notamment, qui m'ont amené à la radio* et j'y ai pris goût ! Retraité de l'enseignement, je suis aussi passionné de pédagogie et me considère comme un passeur entre le monde scientifique et le public.

• Parmi la quarantaine d'ouvrages dont vous êtes l'auteur ou le coauteur, citez-nous en trois !
Le Grand Envol, donc, paru en 2001 au Chêne, qui a remporté le grand prix au Festival Chapitre Nature ; Le Manuel d'ornithologie, paru en 2000 chez Delachaux & Niestlé, qui est à la fois personnel et universel ; et Étonnants oiseaux, paru en 2016 chez Glénat.

• Autre singularité, vous êtes plutôt un ornithologue citadin.
Un citadin tricheur car j'ai souvent été à l'extérieur de Paris, mais il est vrai que j'ai commencé l'ornithologie au parc Montsouris. J'ai toujours aimé l'ornithologie en ville. Voir un pouillot siffleur au cimetière Montmartre, c'est plus intéressant qu'en forêt de Rambouillet ! Je partage le point de vue de Nicholson qui a étudié l'avifaune londonienne pendant des années : il y a un effet de loupe en ville par rapport à la campagne. Quand on voit un rougegorge en septembre dans un square, par exemple, on sait que c'est un migrateur.

• Vous y conduisez même des suivis scientifiques… J'ai croisé un jour aux Tuileries une mouette rieuse finlandaise baguée et ça a été le déclic !  D'abord avec quelques amis ornithos parisiens puis seul, j'ai choisi de faire de ces oiseaux hivernant dans la capitale un objet d'étude. J'ai à mon actif, depuis 2005, plus de mille lectures de bagues sur près de 300 oiseaux différents. C'est un fichier intéressant pour le Muséum et cela contribue à comprendre comment la mouette rieuse hiverne, quel est son taux de fidélité à ses quartiers d'hivernage… Ma retraite en Bretagne va me permettre de rédiger un article de synthèse à partir de ces centaines d'heures d'observation. J'y étudierai ensuite les goélands, mais aussi la loutre. On oublie parfois que je m'intéresse aussi aux mammifères (je pose même des pièges photos !)… et aux lépidoptères, ma première passion.

• Vous avez toujours eu un engagement militant en parallèle ?
J'ai défilé à Bordeaux dès le début des années 70 pour lutter contre la tenderie avec la LPO. Je n'ai jamais cessé de siéger à un conseil d'administration d'association ornithologique depuis février 1975. J'ai été plusieurs fois président du Corif, dont je suis actuellement vice-président. Enfin, depuis 2016, je suis administrateur de la LPO.

• Quel lien entretenez-vous avec le Festival de Ménigoute ?

J'y suis allé une fois il y a une vingtaine d'années. J'ai toujours privilégié ma vie privée par rapport à l'ornithologie et il se trouve qu'à chaque Toussaint j'ai une réunion de famille, à laquelle je vais exceptionnellement déroger cette année ! Mais un des membres du Corif  est chargé de proposer à chaque assemblée générale un film qui a été primé ou remarqué au FIFO : je garde donc le contact ! Je reprends à mon compte le dernier billet d'Allain Bougrain Dubourg où il parle du festival comme une "caisse de résonance efficace". On a perdu tellement d'oiseaux ces trente dernières années… C'est un excellent moyen d'alerter et il est fondamental que cette manifestation existe, car elle réunit aussi les passionnés. Je suis donc extrêmement content et honoré qu'on ait pensé à moi comme président du jury. Je suis avide de discussions et j'espère qu'on ne sera pas tous d'accord !

Propos recueillis par Catherine Levesque.