Vous êtes ici : Accueil le Festival Cinéma animalier

PROJECTIONS DE DOCUMENTAIRES ANIMALIERS

Créé en 1985, le Festival International du Film Ornithologique fête ses 28 ans cette année.

Le Festival sera l'occasion de présenter une nouvelle sélection de films récents pour la plupart en exclusivité française.

Pendant 5 jours, à raison d'une à trois séances publiques quotidiennes, une quarantaine de documentaires  animaliers en provenance des 5 continents sera projetée.

Les réalisateurs sont invités à présenter leur film au public.

Un jury composé de professionnels du cinéma et de l'environnement attribuera plusieurs prix à l'issue de la compétition.

La sélection des films pour le 29e Festival sera publiée début septembre 2013

Pour toutes propositions de documentaires pour 2013, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

Les inscriptions sont libres de droits. Les films en exclusivité française seront privilégiés.

Interview de Jacques Perrin

Alors que la fascination pour le monde animal est indémodable, la production de films et de documentaires animaliers semble marquer le pas sur le petit comme sur le grand écran. Que pensez-vous de ce paradoxe ?

Il y a une quinzaine d’années, il y avait très peu de films dits animaliers ou, du moins, ouverts sur la nature. Nous étions quasiment les seuls à en faire. Un moment donné, les cinéastes animaliers étaient complètement délaissés en France, bien que non dépourvus de talent. On parlait toujours des cinéastes anglais ! Et les cinéastes anglais étaient là parce qu’il y avait la production anglaise. Je trouve au contraire qu’il y a eu un élargissement : il y a eu d’autres productions, les chaînes télévisées s’y sont plus ou moins intéressées. Je trouve donc que la production s’est améliorée. Elle est peut-être moindre par rapport à il y a deux ou trois ans, mais elle s’est améliorée.Jacques Perrin caméra

Que diriez-vous aux concurrents du Festival de Ménigoute sur les ingrédients d’un bon film animalier et, à l’inverse, sur les travers à éviter ?

Je pense que ce genre ne doit pas être spécifique. Un film animalier, ce n’est pas simplement un peu de nature et des bébêtes ! Un film animalier dépend tellement de la sensibilité du cinéaste ! Ce qui est important, c’est d’avoir à chaque fois un regard nouveau, une approche nouvelle, et de révéler des choses qui sont secrètes dans la nature. Mais c’est le talent de chacun, la façon dont il appréhende un sujet qui, d’un seul coup, nous fait découvrir autrement quelque chose de familier. C’est l’art de regarder. Chaque démarche doit donc être bien différente pour qu’on puisse se dire non pas, il y a un genre, mais il y a des genres.

Comment vous expliquez la piètre popularité du genre à l’exception des films que vous produisez et de quelques autres, sur le grand écran ?

Je me demande s’il n’y a pas malgré tout une notion de production, en ce sens qu’on peut avoir l’idée qu’il est relativement facile de réaliser un film ouvert sur la nature : il suffirait d’aller dans les Pyrénées, dans le Massif central, de découvrir quatre ou cinq animaux et de faire un film. Ça n’est pas ça ! C’est plus long… Et je pense sincèrement que les films qui investissent tant sur les moyens que sur la réflexion ont quelques chances. Cela étant, Dieu sait si on en a vu, il y a deux ans, parmi de grands cinéastes, qui n’ont pas rencontré leur public, bien sûr. Mais je crois que, malheureusement et heureusement, il n’y a pas de recette. C’est comme pour les films de fiction. On peut passer à côté d’un film de fiction malgré un bon scénario et de bons acteurs. Il n’y a pas de loi, pas de formule. Méfions nous des bons sujets s’ils ne sont pas passés au crible de la réflexion.

Après Le Peuple singe, Microcosmos, Le Peuple migrateur…quels univers aimeriez-vous explorer ?

(Grand sourire !) Il y en a tellement. Moi j’aime bien l’idée de Marie Pérennou et de Claude Nuridsany qui, dans Microcosmos, se sont concentrés sur un petit lopin de terre ; l’idée de petits univers avec des profondeurs de champ infinies. Après avoir traité un petit peu l’océan, c’est-à-dire toutes les mers du monde, après avoir survolé les frontières naturelles, que ce soient les montagnes, les océans – deux univers à trois dimensions, j’aimerais me rapprocher de quelque chose de beaucoup plus proche, sans avoir besoin d’aller de l’autre côté de la planète pour être émerveillé. Le problème d’aujourd’hui, c’est qu’on n’est pas satisfait de ce qu’on a autour de nous. Mais l’annonce du vent, de la pluie, le temps changeant, les gros nuages lourds, sombres, qui s’approchent, voilà déjà des sujets en soi. Oui, je vais faire quelque chose plus en proximité.

Etes-vous optimiste quant à l'avenir du genre ?

Regardez Océans : nous avons soulevé le voile de la surface des mers, mais un tout petit voile. On n’a rien fait d’autre ! On a à peine vu ! Lorsque l’océanographe Piccard est allé à 10 900 mètres, je crois, dans les profondeurs abyssales, là, on peut dire que l’homme a touché le fond des océans. Il y est allé une fois, il a vu un poisson, donc c’est même pas la tête de l’aiguille dans une botte de foin, c’est la tête de l’aiguille dans l’océan. Ce qu’on a fait avec ce film, c’est tellement peu ! Quand on dit “ encore un film sur la nature ” – il y en a un ou deux par an –, alors que des films sur les hommes, sur nos sociétés, il y en dix mille dans le monde, je crois vraiment qu’il y a matière à faire des sujets !

Propos recueillis par Catherine Lévesque.
Exclusivité avec l'aimable collaboration de l'équipe de Galatée que nous remercions très sincèrement.

 

Interview en vidéo :